Pour commencer, peux-tu nous donner un peu de contexte ? Où en êtes-vous en termes de maturité data, et quel était l’objectif que tu t’étais fixé pour cet événement ?
Chez Europcar Mobility Group, on a, je pense, un bon niveau de maturité data. On a un data office assez important, avec presque 60 personnes, qui travaillent beaucoup avec les équipes business et opérationnelles. Ensemble, on développe des produits data assez aboutis.
L’objectif principal aujourd’hui, et c’est un vrai challenge notamment pour l’équipe de transformation, c’est que les équipes business et opérationnelles s’approprient ces produits pour maximiser leur utilisation et créer de la valeur pour l’entreprise.
Un des outils clés de l’équipe data, c’est Qlik, qui est un outil de data et analytics assez connu. C’est l’outil historique d’une de nos marques, qu’on a commencé à déployer à l’échelle du groupe depuis trois, quatre ans. Mais on a vraiment accéléré ces derniers 18 mois grâce à une structuration qui nous a permis de le développer de manière importante.
L’objectif de cet événement était donc principalement de donner confiance aux équipes business dans l’utilisation de Qlik, pour qu’elles se sentent capables de l’utiliser en autonomie. On voulait leur montrer qu’elles peuvent se débrouiller seules et qu’elles ont un rôle à jouer, ce qu’on appelle chez nous le rôle de contributeur au sein de l’équipe data.
Et puis, il y avait aussi un objectif plus annexe : mettre en avant Qlik et son développement, pour montrer à l’échelle de l’entreprise ce qu’on fait autour de cet outil.
Pourquoi le choix de ce format de Challenge ?
Ce format de challenge s’inspire directement d’une pratique déjà bien ancrée chez Europcar. Depuis quelques années, au sein de ProductMTech, nous organisons des hackathons dans un format relativement classique, qui a prouvé son efficacité dans notre contexte.
Dans l’équipe Transfodata, nous avons donc eu l’idée d’adapter ce concept de hackathon : un format court, collaboratif, conçu pour développer rapidement des solutions à forte valeur ajoutée. Nous avons vite réalisé que ce modèle s’appliquerait parfaitement à Qlik, ce qui nous a encouragés à tenter l’expérience.
Ce que je trouve particulièrement intéressant, c’est qu’on a souvent cette envie de créer quelque chose de totalement inédit, un format original et jamais vu. Mais cette démarche implique de repartir de zéro et de mobiliser beaucoup d’efforts pour embarquer les équipes. À l’inverse, en capitalisant sur un format qui a déjà fait ses preuves, on lève naturellement plusieurs obstacles dès le départ.
Qui étaient les participants ?
Chez Europcar, avec l’équipe de transformation data, nous avons mis en place deux communautés. La première est une communauté assez large, qui regroupe aujourd’hui environ 300 personnes. Elle rassemble des utilisateurs réguliers de nos outils data, souvent des profils analystes travaillant dans des domaines comme le revenue management et le capacity management.
En parallèle, nous avons créé une deuxième communauté, plus restreinte et beaucoup plus experte, composée de business analysts pour qui Qlik est un outil central dans leur travail quotidien.
Pour organiser le challenge, nous nous sommes appuyés sur ces deux communautés pour recruter les participants. Notre communauté d’experts a joué un rôle clé en faisant la promotion de l’événement auprès de leurs équipes et en identifiant des collègues susceptibles d’être intéressés.
Finalement, nous avons constitué cinq équipes, composées exclusivement de collaborateurs métier. Aucun membre de l’équipe data n’a intégré ces équipes, ce qui a permis de centrer entièrement l’expérience sur les utilisateurs métier.
Chacune des équipes devait donc proposer un projet. Quelles contraintes avez-vous données ?
Nous leur avons effectivement donné quelques contraintes, principalement en raison du timing serré entre la décision d’organiser le challenge et sa mise en œuvre.
Les sujets choisis devaient être réalisables sans nécessiter une préparation importante des données en amont. Les participants devaient s’appuyer essentiellement sur les données déjà disponibles dans l’outil, ce qui signifiait limiter au maximum le travail d’ingénierie préalable. Bien que nous ayons fait un peu de préparation pour certains projets, cela est resté très limité.
Un autre critère clé était que les projets devaient répondre à un besoin non couvert actuellement par l’outil, afin d’apporter un véritable effet waouh lorsqu’ils seraient intégrés.
Enfin, les projets devaient générer une réelle valeur ajoutée. Nous leur avons demandé, lors de la soumission des idées, de détailler les bénéfices attendus, en particulier d’un point de vue business, pour pouvoir mesurer leur impact potentiel.
Comment s’est déroulé le challenge ?
Le format du challenge s’est déroulé sur deux jours et demi. Les deux premiers jours étaient entièrement dédiés au développement, organisés selon une méthodologie agile avec des sprints. Nous avons planifié six sprints d’une heure et demie à deux heures chacun, avec des objectifs bien définis pour chaque étape. Par exemple, le premier sprint visait à clarifier les métriques et dimensions qui seraient utilisées dans le projet final.
La demi-journée restante a été consacrée à la présentation des projets devant un jury, suivie de leurs retours et de leur décision finale.
Ce qui a rendu ce format intéressant, c’est qu’en parallèle des phases de développement, nous avions intégré dans l’agenda des sessions de formation pour renforcer les compétences sur Qlik. Ces présentations n’étaient pas limitées aux participants du challenge, mais ouvertes à l’ensemble de nos communautés data, pour favoriser une montée en compétences collective.
Par ailleurs, nous avions mobilisé des experts de notre équipe data pour accompagner et soutenir les participants. Ces experts interviennent auprès des différentes équipes pour accélérer les développements et résoudre les éventuels blocages.
Pour une première édition, ce format a vraiment bien fonctionné. La structure en sprints, avec des objectifs clairs, a permis de livrer en seulement deux jours des résultats impressionnants en termes de valeur. Cela nous a également permis d’identifier rapidement les équipes rencontrant des difficultés, afin d’intervenir à temps et de les remettre sur la bonne voie.
Sur quels critères avez-vous sélectionné l’équipe gagnante ? Tu peux nous en dire un peu plus sur le projet retenu ?
Le jury a d’abord évalué si le dashboard répondait réellement aux besoins définis dans le projet. L’objectif principal était de vérifier si le dashboard apportait un bénéfice clair et répondait bien à la problématique soulevée. Ensuite, ils ont analysé des aspects plus design, en se demandant si l’outil était facile à utiliser pour quelqu’un qui n’était pas familier avec le dashboard dès le départ.Ils ont aussi examiné la profondeur analytique, en s’assurant que les métriques utilisées n’étaient pas simplement des données de base, mais qu’elles apportent une analyse plus poussée et pertinente. Enfin, le jury a évalué l’impact business des projets. Ils ont regardé lesquels avaient le potentiel de générer des revenus supplémentaires ou d’améliorer l’efficience opérationnelle. C’est en prenant en compte l’ensemble de ces critères que le gagnant a été sélectionné.
Le projet retenu, bien que je ne puisse pas en partager tous les détails en raison de sa nature stratégique au sein de l’entreprise, se distinguait déjà par l’utilisation de fonctionnalités avancées de Qlik. C’était un critère important pour le jury, car le dashboard était vraiment très sophistiqué, surtout quand on considère que les participants étaient des profils métier, et non des experts techniques en data.
Le projet répondait également à un objectif très concret. Lors de la soutenance, les participants ont expliqué qu’ils avaient récemment rencontré une problématique similaire dans un board de directeurs, et grâce à ce dashboard, ils avaient pu apporter une réponse pertinente à la question soulevée. Cela a clairement marqué des points auprès du jury.
Enfin, ce projet allait au-delà du simple reporting : il s’agissait presque d’un outil opérationnel. C’était donc un projet extrêmement abouti, surtout au regard du temps imparti pour le développer et du format de l’événement.
Quels impacts as-tu pu noter après ce Challenge ?
Les impacts ont été significatifs. Tout d’abord, ce challenge nous a permis de développer cinq nouveaux dashboards à forte valeur ajoutée en un temps très court.
Avant de passer en production, chaque projet a été vérifié techniquement, et la data utilisée a été validée par notre équipe Data. Ces dashboards vont donc être mis en production prochainement.
Nous avons également observé une forte montée en compétences, notamment parmi des participants qui venaient tout juste d’intégrer l’entreprise depuis deux ou trois mois. Ces nouveaux arrivants ont suivi une véritable formation accélérée, n’ayant pas d’autre choix que de se former et de trouver des solutions rapidement.
Cela a eu un impact direct sur notre communauté Data au sens large, puisque nous avons constaté un intérêt bien plus important que prévu, au-delà même des participants directs. Ce fut une très agréable surprise.
Ce challenge a aussi contribué à renforcer la dynamique positive autour du déploiement de l’outil, que nous cherchons à instaurer chez Europcar. Enfin, il a eu un impact notable sur le top management, qui est crucial pour le soutien de cet outil au sein des équipes et des pays. Un membre du COMEX faisait d’ailleurs partie du jury, et je pense que cet événement a véritablement capté l’attention et suscité un intérêt parmi les dirigeants.
Quels conseils donnerais-tu à l’un de tes pairs s’il se lance dans un projet de ce type ?
Avec un peu de recul sur la première édition, nous recommandons de veiller à ce que les équipes aient un niveau assez homogène. Il pourrait être utile de diversifier les profils au sein des équipes afin de garantir un équilibre en termes de compétences. Pour l’édition de l’an prochain, nous comptons certainement nous y prendre plus en amont afin de permettre une meilleure préparation des données. Il y avait des cas où un peu de data engineering aurait été vraiment bénéfique, même si ce n’était pas des demandes énormes. Cela aurait eu un impact positif sur les projets. Enfin, il est important de veiller à ce que les moments ouverts à tous, comme les présentations, soient bien organisés. Cela permettrait à l’événement d’avoir un véritable rayonnement au sein de l’entreprise, au-delà des seuls participants.
Spoiler Alert ! Wanda prévoit une deuxième édition pour l’an prochain ! 😁
Découvrez une surprise exclusive ! Voici l’agenda de ce Qlik Challenge offert par cette magicienne de la Data & IA ! Une belle source d’inspiration avec des idées impactantes à intégrer : cliquez ici
N’hésitez pas à suivre Wanda Saint Paul sur LinkedIn ou la contacter si vous souhaitez en savoir plus sur Qlik Challenge, ici !
Inscrivez-vous à la Newsletter "Club Datalogy" !
La newsletter qui rassemble les retours d’expérience de ceux qui oeuvrent à booster la culture Data & IA !


