Sophie Ollivier, Chief Data Officer R&D chez Servier, a pour rôle de faire ancrer les sujets data et intelligence artificielle dans les process de la R&D pour accélérer la découverte de nouveaux médicaments. Avec ses équipes, ils ont relevé le défi de rendre ces enjeux plus accessibles et concrets pour tous. Comment ? En organisant le R&D Data Summit sur le campus de Saclay – Servier, un événement ambitieux visant à démystifier ces enjeux et à en montrer toute la valeur.
Découvrez son interview retranscrite 😉 !
Quel est le contexte de la data chez Servier ?
“Comme de nombreux groupes, nous sommes en pleine transformation digitale. Notre objectif est de démocratiser l’usage de la data au sein des métiers. En R&D, cela signifie identifier les meilleures façons d’exploiter ces nouvelles technologies afin d’accélérer la lutte contre la maladie et d’améliorer la prise en charge des patients. Pour y parvenir, la sensibilisation est essentielle, et les événements constituent souvent un excellent levier pour favoriser cette adoption.”
À qui s’adressait cet événement ? Qui cherchais-tu à embarquer ?
“Ma première cible était les data citizens de la R&D, c’est-à-dire tous les collaborateurs qui génèrent ou exploitent des données au quotidien.
La deuxième cible concernait les data experts, notamment les data managers et data scientists, qui jouent un rôle clé en tant que relais naturels des initiatives. Ils sont souvent en coulisses, et c’était une occasion de valoriser leur expertise.
Enfin, la troisième cible était le top management, car la data et l’IA sont des enjeux stratégiques majeurs pour la R&D. Mon objectif était de traduire ces enjeux en actions concrètes, afin d’assurer leur engagement et leur soutien.”
Comment as-tu organisé un événement aussi ambitieux ? Combien de temps à l’avance as-tu commencé ? Quelle forme a pris ce R&D Data Summit ?
Nous avons commencé les préparatifs cinq mois à l’avance, avec une petite équipe que nous réunissions chaque semaine pour des sessions courtes mais efficaces. Les responsabilités étaient bien réparties : logistique, animation, et contenu.
Ce temps de préparation nous a permis, d’une part, de nous approprier notre nouveau site, et d’autre part, d’organiser un événement ambitieux avec une grande richesse de contenu. Nous avons structuré celui-ci autour de trois formats :
- Conférences dans un auditorium,
- Workshops en petits comités,
- Salles de posters pour des présentations en direct.
L’événement s’est tenu en présentiel et en distanciel, notamment pour permettre à nos équipes aux États-Unis et à l’international de se connecter l’après-midi. Gérer ce format hybride, avec du live et du direct, a représenté un véritable défi, mais c’était essentiel pour maximiser l’impact et l’accessibilité.
Quels ont été les principaux défis auxquels tu as dû faire face ?
L’un des principaux défis de l’organisation a été la mobilisation des participants. Beaucoup de nos collaborateurs en R&D travaillent en laboratoire, ce qui nécessitait une approche créative pour les encourager à sortir de leur environnement habituel et à participer activement.
Un autre enjeu, plus délicat, était notre volonté d’ouvrir l’événement à l’externe, notamment à nos nouveaux voisins du Plateau de Saclay, un écosystème d’excellence en intelligence artificielle et en mathématiques. L’objectif était double : montrer notre intérêt pour ces domaines et favoriser les échanges avec ces acteurs.
Trouver les bons canaux de communication pour les inviter n’a pas été simple, car notre installation sur le Plateau était encore récente. Cela a représenté un véritable défi.
Cette ouverture est d’autant plus originale qu’un laboratoire comme Servier, souvent perçu comme un environnement très sécurisé et interne, a choisi de partager une partie de cet événement avec l’extérieur. Cette approche reflète une philosophie d’échange et de collaboration, tout en affirmant notre centre de R&D comme un lieu d’innovation et de créativité.
Avec le recul, qu’est-ce que tu ferais différemment ?
Les enjeux de communication ont été un point clé dans l’organisation de l’événement.Avec du recul, j’aurais adopté une approche plus régulière dans la communication auprès du COMEX sur l’avancement du projet. Si le sujet a été bien posé en amont, une fois plongée dans la préparation, l’opérationnel a pris le dessus et le suivi auprès du COMEX s’est fait plus tardivement que souhaité.Tout s’est bien déroulé, mais un reporting plus constant aurait facilité la mobilisation des participants au moment clé. Cette expérience montre combien une communication continue est essentielle, y compris en pleine phase de production, pour garantir l’adhésion et l’engagement des parties prenantes.
Quels ont été les impacts concrets de ce Data Summit ?
Cet événement a d’abord permis une reconnaissance interne, en mettant en lumière des métiers souvent en back office. Il a également contribué à fluidifier les échanges et à briser les silos entre des services qui se connaissaient peu. Il y a aussi eu une reconnaissance externe, avec des invités partageant spontanément leur expérience sur LinkedIn et remerciant pour la qualité de l’événement, ce qui a été particulièrement valorisant. Enfin, du côté de la direction, plusieurs dirigeants ont salué cette nouvelle approche, estimant qu’elle dépassait leurs attentes. Un vrai succès !
Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait se lancer dans ce type de projet ?
Il est essentiel de bien connaître sa cible, de savoir comment l’adresser, comment la mobiliser et l’embarquer à travers une communication adaptée. C’est, selon moi, un facteur clé de succès. Par ailleurs, une bonne compréhension de son environnement est primordiale. Cet aspect a été un défi pour nous, étant donné notre arrivée récente dans notre nouveau site R&D. Il est crucial de bien appréhender le contexte dans lequel on évolue, car au-delà du contenu, l’organisation et la logistique jouent un rôle déterminant dans la réussite d’un tel événement.
Quels sont tes prochains objectifs pour ce type d’initiative ?
Comme évoqué, cet événement a été une véritable source d’apprentissage. Certains contenus n’ont peut-être pas été suffisamment mis en valeur, notamment en raison de leur localisation. Cela nous a donné l’envie de poursuivre cette dynamique, mais en adoptant une approche plus ciblée. C’est d’ailleurs ce que nous allons mettre en application cette année en organisant des événements thématiques plus spécifiques. Le prochain portera sur la Master Data, suivi d’autres sessions dédiées à l’IA générative, et bien d’autres à venir.
Quel a été le rôle important pour toi de notre équipe Datalogy dans l’organisation de cet événement ? Quel souvenir garderas-tu de notre collaboration ?
Votre expérience a vraiment été une excellente opportunité pour nous, nous permettant de prendre du recul et de considérer tous les éléments dans un contexte où nous arrivions à peine. Cela a été essentiel en termes de soutien. Ce qui a également fait la différence, c’est l’énergie et le rythme que vous avez su insuffler, sans oublier les alertes que vous nous avez données pour éviter des impasses, notamment lorsque nous étions un peu plus lents sur certains points.
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