Après plus d’une trentaine d’épisodes riches en insights, Club Datalogy (ex-Jeudi Good ideas) continue ! Club Datalogy, c’est la newsletter qui rassemble les retours d’expérience de ceux qui œuvrent à booster la culture Data & IA. Cette semaine, c’est le début des interviews spéciales : Acteurs de la Formation Data & IA. Grâce aux recommandations de CDO de notre écosystème, nous avons rassemblé et interviewé une sélection d’acteurs de la formation que vous appréciez particulièrement. Pour ouvrir le bal, nous accueillons autour de notre table Nathan Loth, Head of Sales B2B chez Datascientest. Découvrez dès maintenant : leur ADN, leurs formations et parcours proposés, leur approche pédagogique et leur regard sur l’avenir...
L’aventure Data Science Test : Raconte-nous le commencement ! 😉
L’histoire débute en 2016, au sein d’un cabinet de conseil. Très rapidement, nous avons constaté que les personnes que nous accompagnions possédaient déjà les compétences nécessaires pour devenir, au minimum, des utilisateurs avertis de la donnée — voire des experts, pour peu qu’ils bénéficient d’un bon bagage et d’une formation adéquate. C’est ainsi que nous avons naturellement réorienté notre activité vers la formation, en misant dès le départ sur deux paris forts. D’une part, l’internalisation des formateurs ; d’autre part, un format hybride, innovant pour l’époque, reposant sur un dispositif de campus inversé. Une approche qui s’est avérée fructueuse : aujourd’hui, plus de 15 000 anciens élèves ont été formés par nos soins.
Notre réseau compte désormais 80 groupes partenaires, parmi lesquels plus de 30 membres du CAC 40 — une reconnaissance dont nous sommes particulièrement fiers.
Nos offres ont su séduire deux types de besoins. D’une part, une offre ultra personnalisée, pensée pour les grands groupes, à partir de huit personnes formées — permettant d’adapter les formations de manière entièrement sur-mesure. D’autre part, une offre « sur étagère », destinée à des structures de toute taille, même lorsqu’elles ne disposent que d’une ou deux personnes à former. Dans ce cas, nous proposons des parcours plus exhaustifs, conçus pour développer les compétences en lien direct avec les métiers visés.
Le concept de “Campus Inversé” Qu’est-ce que cela change concrètement pour un apprenant ?
Le principe du campus inversé, c’est précisément de renverser la logique traditionnelle de l’apprentissage. Ici, ce n’est plus l’enseignant qui vient vers l’apprenant — c’est l’apprenant qui prend l’initiative d’aller vers l’enseignant.
Concrètement, dans nos formations, entre 60 et 80 % du temps d’apprentissage se déroule sur une plateforme dédiée. L’apprenant y progresse de manière autonome… mais jamais totalement seul. Dès qu’une question surgit, il peut solliciter notre cellule de support, accessible en messagerie instantanée. Un professeur lui répond alors dans un délai de deux à trois heures ouvrées, tout au plus. Ce dialogue constant permet un accompagnement réactif, tout en préservant la liberté d’avancer à son rythme.
Le reste de la formation — les 20 à 40 % restants — est consacré à des temps synchrones. Ceux-ci prennent trois formes : d’abord, des masterclass, où l’enseignant transmet des notions plus théoriques ; ensuite, des sessions de questions-réponses, dans un format proche du cours particulier, pour lever des blocages ou approfondir certains points ; enfin, un accompagnement personnalisé “mentor à projet” dans le cadre d’un projet fil rouge où l’apprenant met en place ce qu’il a appris sur la plateforme dans un cas concret appliqué à son propre univers.
Le plus souvent, notre catalogue fournit un projet adapté à son domaine d’activité. Mais si l’apprenant arrive avec un projet déjà identifié, il peut l’intégrer à sa formation. Et dans certains cas, notamment chez nos partenaires, ce projet va jusqu’à entrer en production une fois la formation achevée.
C’est donc un double bénéfice :
- L’individu développe de nouvelles compétences immédiatement opérationnelles.
- L’entreprise, de son côté, tire profit d’une solution concrète, directement applicable.
C’est sans doute l’un de nos différenciateurs les plus forts. Et il est vrai qu’aujourd’hui, l’offre en formations data est pléthorique…
Pourquoi un Chief Data Officer devrait-il vous choisir, vous, DataScientest, plutôt qu’un autre acteur ?
C’est une question légitime, tant l’offre est aujourd’hui foisonnante… Cependant, le point fondamental — celui dont découlent finalement tous les autres — réside dans notre ADN résolument tourné vers le B2B.
Là où la majorité des organismes de formation ont d’abord ciblé les particuliers avant de s’ouvrir, plus tard, au monde de l’entreprise, notre parcours suit le chemin inverse. Nous avons commencé exclusivement aux côtés des entreprises. Ce n’est que sous la contrainte du COVID, alors que les budgets des entreprises s’amenuisaient et que nous étions encore une structure jeune et fragile, que nous nous sommes tournés, par nécessité, vers le grand public.
Mais notre culture, notre approche, notre exigence — tout reste profondément ancré dans le B2B. Cela se traduit par une forte capacité à co-construire avec nos partenaires, à gérer les plannings et le temps, à personnaliser les formations, à optimiser chaque moment de formation pour une efficacité maximale. En somme, nous savons proposer une expérience haut de gamme propre au B2B, sans que cela implique les surcoûts généralement associés à ce type de prestations. Et cela, c’est un atout décisif.
À cela s’ajoutent bien sûr d’autres forces : l’équilibre que nous avons su établir entre une plateforme digitale performante et un accompagnement humain de qualité constitue l’un des piliers de notre pédagogie. C’est cet équilibre qui nous permet d’atteindre des taux de complétion remarquables : plus de 90 % de la formation, et même au-delà de 95 % chez les professionnels. Des résultats d’autant plus significatifs que, dans le domaine de la formation en ligne, ces taux restent souvent très bas.
Vous êtes partenaires de Mines Paris et de la Sorbonne. Est-ce que cela constitue un véritable atout ?
Oui, indéniablement. C’est un véritable plus, et cela va bien au-delà d’un simple tampon prestigieux apposé en fin de parcours ou d’un certificat joliment encadré affichant le logo de l’école. Il s’agit d’un partenariat authentique, vivant, dans lequel les établissements sont pleinement engagés.
Concrètement, nous organisons tous les six mois des conseils de perfectionnement auxquels participent des représentants de ces écoles. Leur rôle est essentiel : ils nous accompagnent dans l’actualisation de nos parcours, dans leur amélioration continue, pour garantir une formation toujours en phase avec les exigences du secteur.
Dans certaines formations spécifiques — par exemple en Data Analyse ou en Data Engineering — des professeurs issus du corps des Mines interviennent directement au sein du programme. Cela confère une légitimité académique forte, mais surtout un apport pédagogique de grande qualité.
Ce partenariat dépasse donc largement la reconnaissance symbolique. Il se manifeste également de manière très concrète : les cérémonies de diplomation peuvent, par exemple, avoir lieu dans les locaux mêmes de l’école. Et les apprenants sont inscrits dans les bases de données officielles des écoles, comme tout étudiant issu de leur cursus.
À cela s’ajoutent deux autres niveaux de reconnaissance qui renforcent encore la valeur de nos formations. D’une part, une reconnaissance étatique, avec des titres RNCP de niveau 6 à 7 selon les formations. D’autre part, une reconnaissance éditeurs car nous intégrons dans nos formations des briques sur Microsoft, AWS, GCP en fonction des outils utilisés par l’entreprise pour garantir que la formation se positionne dans le bon environnement.
On parle d’une triple reconnaissance.
Je te propose qu’on s’attarde un instant sur vos offres. Vous avez deux parcours phares : Data Analyst et Data Scientist. Qu’est-ce qui distingue ces cursus ?
Effectivement, ce sont nos parcours les plus emblématiques parce qu’ils portent les intitulés les plus recherchés sur le marché, et qu’ils répondent à une demande forte et constante. Cela dit, chez nous, un même cursus intitulé « Data Analyst », par exemple, ne sera jamais tout à fait identique d’une entreprise à l’autre. Et pour cause : chaque parcours est systématiquement personnalisé en fonction des besoins spécifiques de nos partenaires. Ce qui les distingue vraiment, ce sont plusieurs éléments clés.
Tout d’abord, avant chaque formation, nous faisons passer un test de positionnement à nos apprenants. Ce test nous permet d’évaluer précisément leur niveau initial. Grâce à cette évaluation, nous adaptons la courbe d’apprentissage : si un apprenant est déjà expérimenté — par exemple, s’il maîtrise déjà Python — nous pouvons lui faire gagner du temps en l’orientant directement vers des modules plus avancés. À l’inverse, si le niveau est plus débutant, nous aménageons le début du parcours pour rendre la progression plus fluide.
Ensuite, il y a ce que nous évoquions précédemment : le projet fil rouge. C’est un élément central et véritablement différenciant. Tout au long de la formation, l’apprenant est invité à mobiliser, dans un contexte concret, l’ensemble des compétences acquises sur la plateforme. Ce n’est plus un simple exercice guidé, mais une mise en situation professionnalisante, qui lui permet de réinvestir ses savoirs dans un cadre libre, mais structuré.
Cela nous permet de garantir qu’une fois en poste, confronté à une problématique concrète, l’apprenant sera en mesure de mobiliser immédiatement ce qu’il a acquis durant la formation. Il saura utiliser ses compétences fraîchement acquises de manière pertinente et autonome. C’est précisément ce que l’on appelle le learning by doing — apprendre en faisant, et surtout, apprendre pour agir.
Il nous arrive d’être critiqués pour ne pas accorder suffisamment de place à la théorie. Mais c’est un choix pleinement assumé. Notre priorité est claire : former des professionnels immédiatement opérationnels à la sortie du cursus, quitte à ce que certains aspects théoriques soient abordés de manière plus concise.
C’est dans cette logique que s’inscrit le projet fil rouge, dont les cas d’usage sont toujours ancrés dans la réalité du terrain. Pour illustrer cela, citons l’exemple d’un de nos partenaires dans le secteur de l’aéronautique : les apprenants y ont conçu un algorithme capable de détecter des anomalies sur des moteurs, avec pour finalité d’améliorer la fiabilité de leur fonctionnement. C’est un vrai cas d’usage. Des vrais cas d’usage qui entrent en production, post-formation, etc.
Il paraît que vous développez actuellement une nouvelle offre avec “Data Academy”. Est-ce que tu peux nous en dire un mot ?
Absolument, je vous fais un rapide pitch. Il s’agit d’une offre structurée autour de quatre grands axes.
Le premier volet repose sur un audit de compétences, à la croisée entre une mission de formation et une mission RH. L’idée est d’établir, pour chaque métier du groupe, une fiche de compétences orientée data. Et cela concerne tous les profils, y compris ceux qui, à première vue, semblent éloignés des problématiques de la donnée. Par exemple, dans le secteur bancaire, assurantiel, même un collaborateur en agence, au guichet, disposera d’une fiche précisant quelles compétences data sont mobilisables ou mobilisées dans son quotidien. En somme, il s’agit d’identifier la « couche data » propre à chaque fonction, afin de mieux intégrer l’ensemble des métiers dans la transformation data de l’entreprise. En miroir de ces fiches, nous constituons une base de questions permettant de réaliser un audit objectif des compétences. Car l’auto-évaluation souffre souvent d’un biais : on tend à se surestimer ou à se sous-estimer.Grâce à ce test structuré, nous obtenons pour chaque collaborateur une matrice de compétences entièrement personnalisée, faisant apparaître ses points forts, ses axes d’amélioration, ainsi qu’une recommandation de parcours de formation parfaitement adaptée.
Deuxième étape : la définition du contenu de formation que l’on va intégrer à l’académie. Ce contenu est bien entendu aligné sur les besoins réels, identifiés lors de l’audit.
Troisième point : la mise en place de mécanismes de certification. L’objectif ici est de structurer des paliers de progression et de créer des leviers de motivation, pour encourager les collaborateurs à s’engager volontairement dans la transformation data, et non à la subir comme une contrainte imposée par la direction.
Enfin, dernier pilier de cette offre : l’animation de la communauté apprenante. Cela passe notamment par l’organisation de hackathons internes, destinés à promouvoir la culture data au sein des équipes. Ces événements sont l’occasion de montrer, de manière très concrète, comment les outils et compétences en data peuvent améliorer les activités quotidiennes.
En résumé, c’est une Data Academy en marque blanche, entièrement clé en main, conçue pour embarquer durablement les collaborateurs dans la dynamique de transformation.
Combien êtes-vous chez Data Scientest ?
On a bien grandi, et on peut dire que nous formons aujourd’hui une belle communauté de “data lovers” : nous sommes désormais 150, dont 50 professeurs en CDI.
Ce choix d’avoir des enseignants intégrés à temps plein, c’est un parti pris fort, que nous avons fait dès le départ — et que nous avons tenu. Cela fait toute la différence, notamment en termes de réactivité, de qualité d’accompagnement et de personnalisation des parcours.
Et comme je le mentionnais plus tôt, ce sont aussi plus de 15 000 alumni qui ont été formés à ce jour. De très beaux chiffres, dont nous sommes fiers… et que nous comptons bien continuer à faire grandir.
Vers quels horizons vous dirigez-vous ? Quels sont les prochains grands sujets que vous explorez ?
Assez naturellement, nous nous sommes tournés vers la cybersécurité. Car aujourd’hui, les grands enjeux autour de la Big Data et GNI — sont étroitement liés à ceux de la cybersécurité.
C’est dans cette perspective que nous avons procédé à une croissance externe, en intégrant un organisme spécialisé : la FORCIC. Cette structure comptait déjà une équipe de 12 professeurs en cybersécurité, tous en CDI, ce qui constitue une rareté dans ce domaine.
Nous avons fait le choix stratégique de les internaliser, dans la continuité de notre modèle, pour renforcer et structurer notre propre offre : la Cyber University. Celle-ci propose à la fois des cursus entièrement dédiés à la cybersécurité, mais par exemple des masterclass d’acculturation sur GNI et cybersécurité.
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