Implémenter un réflexe data chez Saint-Gobain avec Simoh-Mohammed Labdoui, G. Head of Data

Dans le cadre de notre série d’interviews « Raconte-nous comment tu implémentes un réflexe data dans ton organisation », nous avons eu l’honneur de recevoir Simoh-Mohammed Labdoui, responsable de “Data as a Service Delivery” chez Saint-Gobain. Au fil de cet échange, Simoh partage sa vision, ses défis et ses convictions sur la culture data au sein d’une entreprise de cette envergure.

 

Présente toi en quelques mots… 😉 

« Je suis Simo Mohamed Labdui, responsable de Data as a Service Delivery chez Saint-Gobain. Mon rôle est d’assurer une gestion transverse des problématiques data afin de répondre aux besoins des différents métiers du groupe. C’est un travail au carrefour de la technique et de la stratégie, avec pour mission principale d’accompagner la transformation data de l’organisation. »

 

L’empreinte de Saint-Gobain : quelques chiffres clés

Saint-Gobain, c’est avant tout une entreprise historique, forte de 357 années d’existence. Aujourd’hui, le groupe emploie environ 180 000 collaborateurs et est présent dans plus de 80 pays à travers le monde. Notre cœur de métier est la conception, la fabrication et la distribution de matériaux de construction destinés aux bâtiments.

 

La place de la data chez Saint-Gobain

La place de la data chez Saint-Gobain est considérée comme stratégique. 

En effet, grâce à la data, l’entreprise peut mettre à disposition les informations nécessaires pour suivre des indicateurs clés. Cette vision est soutenue par un sponsorship très fort de la part de la direction, notamment du président et du directeur général, qui ont placé la data comme un atout majeur et un élément central dans la transformation du groupe : asset stratégique

 

Comment développer un réflexe data dans une organisation ?

Le défi principal réside dans l’alignement des équipes métiers et IT. Il s’agit de travailler ensemble pour définir les valeurs et bénéfices concrets que la data peut apporter. Cet alignement repose sur des méthodologies partagées et des modèles d’exécution clairs.

Simoh insiste également sur l’importance d’une approche orientée data product :
« Cette approche consiste à considérer la data comme un produit : “adopter le management plutôt orienté produit”, à la fois pour les utilisateurs finaux et pour les sponsors internes. Nous commençons souvent par un MVP (Minimum Viable Product), un produit initial qui répond aux besoins essentiels et permet de tester, affiner et améliorer le produit de manière itérative.

 

Quel rôle joue l’approche « data product » ? Comment fonctionne cette approche chez Saint Gobain ? Quels sont les éléments clés pour réussir la mise en place d’un MVP  ? 

L’approche « data product » est essentielle. Elle permet de traiter la data comme un produit à part entière, nécessitant à la fois amélioration continue et cadrage méthodologique itératif. Cette approche nécessite un management orienté produit pour garantir l’efficacité du processus.

Chez Saint-Gobain, l’approche « data product » se base sur un MVP (Minimal Viable Product). Il est essentiel de ne pas se figer dès le départ sur une idée de produit final. Le MVP permet de commencer avec des fonctionnalités essentielles, d’obtenir des retours utilisateurs, puis d’industrialiser et mettre en production les solutions progressivement. Cela garantit une approche flexible et adaptée aux besoins réels des utilisateurs.

La réussite d’un MVP repose avant tout sur la culture de l’entreprise. Chez Saint-Gobain, il y a une culture qui repose sur trois principes : confiance, collaboration et responsabilisation. L’équipe data s’efforce également de simplifier la communication avec les métiers, d’utiliser un langage clair et de se concentrer sur le ROI (retour sur investissement), la valeur ajoutée et les utilisateurs ciblés. Ce langage simple permet d’éviter de perdre de vue les enjeux business avant d’entrer dans des aspects techniques plus complexes.

 

Qu’est-ce qu’un « guide tisserant » et pourquoi est-ce important ?

Le rôle d’un « guide tisserant » est primordial pour établir des liens entre toutes les parties prenantes : les utilisateurs, les équipes IT, les sponsors, et les autres acteurs impliqués. Dans une organisation complexe, il est difficile d’aligner tout le monde autour d’un même sujet de data. Le guide tisserant doit savoir naviguer entre ces différents acteurs, en utilisant des mots simples et en créant une vision commune pour faire avancer le projet. Il est important d’éviter une posture paternaliste du type « nous allons vous aider » et de privilégier une approche collaborative. Les métiers possèdent un savoir-faire précieux et il est crucial  de rester humble avec eux et de travailler ensemble pour combiner les connaissances terrain avec l’expertise data. L’objectif est de fournir des outils qui permettent aux équipes métiers de gagner en autonomie, tout en leur offrant un soutien continu et maîtrisé.

 

Quelles sont les clés pour réussir à implémenter un réflexe data dans une organisation ?

La première clé pour réussir une implémentation data est de se donner les moyens nécessaires. Cela passe par l’allocation de budgets adéquats, mais surtout par un calcul précis du ROI. Sans ROI, il est impossible de justifier un projet. En parallèle, une méthodologie claire et un modèle d’exécution efficace sont cruciaux pour garantir la réussite du projet. Il est également essentiel d’aligner toutes les parties prenantes autour des objectifs et des problématiques à résoudre.

 

Quelles sont les soft skills nécessaires à un Chief Data Officer (CDO) ?

Un Chief Data Officer doit posséder plusieurs soft skills clés. Tout d’abord, il doit être capable de tisser des liens entre les différentes parties prenantes, en étant un bon communicant, compréhensible et bienveillant. Deuxièmement, il doit parfaitement comprendre la stratégie de l’entreprise pour la décliner en stratégie data. Enfin, sa capacité à convaincre et à être pédagogique est primordiale pour faire adhérer les équipes à la vision et aux projets data. L’enjeu est d’être clair, pédagogique et de reformuler de manière à éliminer le jargon.

 

Comment un CDO mesure-t-il le ROI de ses projets ?

Pour mesurer le ROI, il est essentiel de comprendre quel problème est résolu par chaque projet. Par exemple, un projet MDM (Master Data Management) dans le domaine de la finance a permis d’uniformiser les référentiels de données utilisés par les comptables. Auparavant, plusieurs personnes passaient beaucoup de temps à croiser des données manuellement, générant des erreurs et des inefficacités. Avec un système MDM, un référentiel unique est désormais utilisé, garantissant une meilleure qualité des données, des économies de temps et des résultats plus fiables. Ce type de projet permet de calculer le ROI en termes de temps gagné, de réduction des erreurs et de meilleure transparence.

 

Quel est le message final sur la data ?

La data, c’est avant tout une histoire humaine. Chez Saint-Gobain, la transformation digitale est associée à une ambition de développement durable, avec l’objectif de zéro empreinte carbone d’ici 2050…

 

Où te contacter ? 

Simoh-Mohammed Labdoui sur Linkedin 😉 

 

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